Projet VSCD
Projet de recherche sur les Vécus Subjectifs de Contact avec un Défunt (VSCD)
Nous menons actuellement une enquête internationale à long terme portant sur la phénoménologie et l’impact des vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD) spontanés et directs.
Dans cette section, vous trouverez des informations détaillées sur le projet de recherche, notamment ses objectifs, sa méthodologie et une présentation générale du phénomène des VSCD.
Les articles scientifiques, les livres et les chapitres d’ouvrages collectifs issus de cette recherche sont disponibles dans les sections Articles scientifiques (lien actif et Livres et ouvrages collectifs (lien actif).
Nous vous invitons également à consulter le site du Projet de recherche VSCD : www.adcrp.org

Si vous avez vécu un contact spontané avec une personne décédée et souhaitez le partager, vous êtes cordialement invité·e à remplir le questionnaire de l’enquête :
https://app.onlinesurveys.jisc.ac.uk/s/northampton/french-adc-questionnaire
Projet de recherche sur les vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD)
Depuis février 2018, nous menons un projet de recherche multilingue de longue durée intitulé Investigation de la phénoménologie et de l’impact des vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD) spontanés et directs.
Conformément aux directives professionnelles établies par la British Psychological Society (BPS), le projet de recherche original a reçu l’approbation éthique de l’Université de Northampton, Royaume-Uni, en juillet 2018 (Réf. : FHSRECSS00084). Il a été préenregistré auprès du Koestler Parapsychology Unit Registry (KPU 1047). La stratégie d’analyse est décrite dans Elsaesser et al. (2021 ).
À ce jour, notre enquête, menée en six langues (anglais, français, espagnol, allemand, néerlandais et chinois), a recueilli la participation de plus de 1 300 personnes, ce qui en fait la plus vaste étude multilingue à l’échelle mondiale sur les VSCD spontanés.
La collecte de données se poursuit actuellement, avec des enquêtes menées auprès d’autres groupes linguistiques ainsi qu’en ligne sur notre site web (www.adcrp.org). En recueillant des informations sur la manière dont les VSCD se produisent et se déroulent, et en analysant leur impact sur la vie et les systèmes de croyances des individus, nous constituons un ensemble de données particulièrement riche mettant en évidence leurs effets bénéfiques, notamment dans le processus de deuil.
L’un des objectifs de notre projet de recherche est de contribuer à la normalisation de ces expériences, à la fois courantes et réconfortantes.
Nous tenons à remercier la Fondation Bial, la Society for Psychical Research (SPR), ainsi qu’une fondation souhaitant rester anonyme pour leur soutien.
Équipe du projet

Prof. Chris A. Roe
Professeur, chercheur principal

Prof. Callum E. Cooper
Professeur associé

Sophie Morrison
Doctorante

Emiliana Embrogno
Doctorante

David Lorimer
Scientific and Medical Network (SMN), Royaume-Uni

Antonin Guillaume
Assistant de recherche, Suisse (SMN, projet BIAL)

Evelyn Elsaesser
Cheffe du projet de recherche, Suisse
Concept du projet
Cette enquête multilingue aux méthodes mixtes, intitulée Investigation de la phénoménologie et de l’impact des vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD) spontanés et directs poursuit trois objectifs :
1er objectif
Description des circonstances de survenue et de la phénoménologie des VSCD
• Qui fait l’expérience d’un VSCD ?
• Dans quelles circonstances ?
• Sous quelle forme (type de VSCD) ?
• Comment ces expériences se déroulent-elles ?
• Quels sont les messages transmis par les VSCD ?
• Qui sont les personnes décédées supposément à l’origine du contact ?
• Quelle était/est leur relation avec les récepteurs ?
• Existe-t-il des différences phénoménologiques entre les pays ?
2ᵉ objectif
Analyse de l’impact des VSCD sur les récepteurs
• Comment les personnes vivent-elles les VSCD ?
• Quelle signification leur attribuent-elles ?
• Quel est l’impact immédiat et à long terme sur les récepteurs ?
• Comment les VSCD influencent-ils le processus de deuil ?
• Le contexte national et social influence-t-il l’expérience des individus ?
3ᵉ objectif
Diffusion des résultats de la recherche auprès du grand public et de la communauté scientifique
• En menant cette enquête, nous contribuons à sensibiliser le public au phénomène des VSCD et à normaliser ces expériences courantes. En présentant les données recueillies sur la manière dont les VSCD se produisent et se déroulent, et en analysant leur impact sur la vie des individus, nous rendons ces résultats accessibles au grand public et participons à la diffusion de données scientifiques au niveau académique.
Pour atteindre les objectifs du projet, nous avons élaboré un questionnaire très détaillé comportant 194 questions (y compris des questions de suivi pour les réponses positives). Le questionnaire débute par une description complète du VSCD, que les participants sont invités à rédiger avec leurs propres mots dans un champ de texte libre.
Les questions sont présentées sous forme de choix multiples, dont un grand nombre est accompagné de questions de suivi comportant également un champ de texte libre. Lorsque les participants ont vécu plusieurs VSCD, il leur est demandé d’en décrire un seul — en choisissant le plus significatif — puis de présenter les autres à la fin du questionnaire.
L’enquête est accessible via la plateforme en ligne JISC (https://www.jisc.ac.uk/online-surveys), hébergée par l’Université de Northampton (Royaume-Uni).
Participez à notre enquête VSCD !
Si vous avez vécu un contact spontané avec une personne décédée et souhaitez le partager, vous êtes cordialement invité·e à remplir le questionnaire de l’enquête :
https://app.onlinesurveys.jisc.ac.uk/s/northampton/french-adc-questionnaire
Que sont les VSCD ?
Un vécu subjectif de contact avec un défunt (VSCD) se produit lorsqu’un individu perçoit de manière inattendue la présence d’une personne décédée. Ces contacts sont spontanés, apparemment initiés par les défunts, sans intention ni sollicitation de la part du récepteur. Ils sont directs, sans l’intervention de médiums, ni recours à la désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires (EMDR), à l’hypnose, à l’écriture automatique, à l’utilisation de dispositifs (par exemple une planche Ouija ou la TransCommunication Instrumentale, ITC), ni à d’autres procédés.
Les VSCD peuvent être perçus par les sens de la vue, de l’ouïe, du toucher ou de l’odorat. Ils n’impliquent pas toujours des perceptions pleinement développées : il est fréquent de simplement ressentir la présence du défunt. Plusieurs organes sensoriels peuvent être impliqués simultanément dans un même VSCD. Ces contacts peuvent survenir lorsque l’individu est éveillé, endormi, en train de s’endormir (état hypnagogique) ou au moment du réveil (état hypnopompique). Ils se manifestent sous des formes très variées et dans des circonstances diverses.
Un phénomène rapporté depuis la nuit des temps?
Des témoignages recueillis sur tous les continents et sur plusieurs siècles suggèrent que ce phénomène est universel et intemporel. Le plus ancien VSCD documenté remonterait à 1963 avant notre ère, en Égypte antique (Bourke, 2024, p. 8 ). Hereward Carrington, enquêteur américain spécialisé dans les phénomènes psychiques, écrivait en 1920 :
« La croyance aux fantômes a existé dans toutes les nations, à toutes les époques et à tous les stades de l’évolution du monde. Où que l’on aille, on les retrouve parcourant les pages de l’histoire ; et même dans notre époque cynique et matérialiste, non seulement les ‘fantômes’ subsistent, mais les preuves de leur existence sont plus solides que jamais ! » (Carrington, 1920, p. 13 ).
Aux XIXᵉ et au cours du XXᵉ siècle, les expériences dites paranormales ont fait l’objet de recherches relativement étendues. Les apparitions (VSCD visuels) ont particulièrement suscité l’intérêt des chercheurs et du grand public. Avec l’essor du matérialisme, cet intérêt a considérablement diminué, et les VSCD étaient devenus l’apanage de quelques spécialistes.
Pourtant, les VSCD ne constituent clairement pas une expérience marginale, mais un phénomène sociétal majeur. Chaque jour, un grand nombre d’individus vivent ces expériences sans savoir comment les nommer ni comment les situer dans leur conception de la réalité. Il était donc temps de lancer un projet international de recherche à grande échelle et sur le long terme sur les VSCD, que notre équipe a initié en 2018 (voir également https://www.adcrp.org).
La recherche sur les VSCD a depuis retrouvé un nouvel élan, avec d’autres équipes dans plusieurs pays qui s’y consacrent également.
Phénoménologie des VSCD
Nous allons décrire brièvement les différents types de VSCD, illustrés par des témoignages issus de notre enquête, qui compte actuellement plus de 1 300 participants dans six langues. La plupart des témoignages cités ont été publiés dans Contacts spontanés avec un défunt (Elsaesser, 2021 ).
VSCD de ressenti d’une présence : Les récepteurs perçoivent la présence familière du défunt, qui semble posséder une certaine densité, presque physique bien qu’invisible. Ils savent souvent exactement où se situe le défunt dans l’espace, quand il arrive et quand il repart. Comme pour tous les VSCD, ces expériences ne durent généralement que quelques secondes, voire quelques minutes tout au plus.
« Allongée dans mon lit, j’ai senti la présence de mon fils. À ce moment-là, j’ai eu l’impression que le matelas s’enfonçait comme si quelqu’un était assis à côté de moi. La sensation d’une masse corporelle invisible à mes côtés. J’ai su que c’était lui ! »
VSCD auditif : Ils se présentent sous deux formes : soit les récepteurs entendent une voix semblant provenir d’une source externe, comme s’ils écoutaient une personne vivante, soit ils perçoivent la communication sans aucun son extérieur. Dans ce second cas, ils parlent d’un message « placé dans leur esprit », tout en précisant que son origine était extérieure à eux-mêmes et qu’il ne s’agissait pas d’une simple pensée. Il s’agirait donc d’une communication télépathique.
« J’ai ressenti très fortement que ma mère me disait qu’elle était avec mon père et qu’elle se sentait merveilleusement bien. J’ai entendu sa voix clairement. Je ne l’ai pas vue, mais j’ai senti sa présence. »
VSCD tactile : Les récepteurs ressentent un contact sur une partie de leur corps, comme une pression, une caresse, une main sur l’épaule ou un câlin. La familiarité du geste révèle immédiatement l’identité du défunt. Certains rapportent que le contact était accompagné d’un « flux électrique » ou d’une « vague d’énergie ».
« Peu de temps après le décès de mon mari, j’étais assise à parler avec mes fils. Nous avons ri, puis j’ai ressenti une énergie à côté de moi. J’ai ensuite senti une main sur ma jambe. La main tapotait ma jambe. Mon ressenti m’a dit qu’il s’agissait de mon mari, venant me réconforter. »
VSCD visuel : Ils se présentent sous une grande variété de formes. Les descriptions vont de la vision d’une silhouette floue et semi-transparente, laissant entrevoir les objets situés derrière elle, à la perception d’un corps parfaitement solide, avec tous les degrés intermédiaires. Parfois, la perception évolue de manière dynamique : on perçoit d’abord une forme brumeuse, qui se solidifie progressivement à travers l’étape de silhouette, pour prendre enfin l’apparence d’une personne solide qui semble vivante.
« Je ne pense pas qu’il soit apparu solide, mais c’était presque le cas, car quand j’ai levé les yeux, il avait exactement l’air qu’il avait toujours eu. »
VSCD olfactif : Les odeurs perçues reflètent la vie de la personne décédée. Elles peuvent être liées à ses activités ou à ses préférences. Les récepteurs mentionnent souvent des parfums ou une odeur corporelle caractéristique, mais la gamme des senteurs rapportées est très large. Ces odeurs apparaissent soudainement, sans raison apparente et hors contexte, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, sans source détectable.
« Une fragrance douce très caractéristique d’elle. Il y avait une odeur sucrée qui se dégageait d’elle, que je sentais à chaque fois qu’elle me faisait un câlin et qui imprégnait également ses vêtements. »
Messages perçus lors des VSCD
Aux yeux des récepteurs, le fait même de vivre un VSCD constitue en soi un message : les proches décédés semblent encore capables de se manifester, ce qui implique qu’ils continuent d’exister dans une autre dimension, au‑delà de la compréhension humaine. La majorité des récepteurs rapportent percevoir un message personnalisé lors du contact, qu’ils considèrent à la fois réconfortant et important. Le contenu de ces messages suggère que les défunts ont conservé leur identité, leur personnalité, leurs souvenirs, leurs émotions et leurs liens avec leurs proches. Le message le plus fréquent — et sans doute le plus important pour leur famille et leurs amis — est que le défunt a survécu à la mort de son corps, et qu’il est vivant et serein.
« Nous existons toujours, même si nous n’avons plus de corps physique — nous allons très bien. »
Les messages perçus sont :
Réconfortant : Je suis en vie et je vais bien, ne t’inquiète pas pour moi ; les problèmes que j’avais à la fin de ma vie sont désormais derrière moi.
« Ma mère m’a dit qu’elle allait très bien, que je n’avais pas à m’inquiéter, que là où elle se trouvait tout allait parfaitement bien. »
Résolutif : Résolution de problèmes relationnels restés en suspens, offres et demandes de pardon, apparemment suite à une prise de conscience nouvelle émergée après la mort physique.
« (Sans le VSCD) je n’aurais pas su qu’il regrettait ce qu’il avait fait dans sa vie. Je serais restée pleine de colère envers lui. »
Réaffirmant : Le lien continue, il n’a pas été brisé par la mort physique, je t'aime, je serai toujours à tes côtés, nous nous retrouverons un jour.
« Je suis là, ne t’inquiète pas. Tout va bien se passer, je vais t’aider. »
Libérateur : Ne sois pas si triste, poursuis ta vie avec confiance ; je ressens ta douleur, elle me peine et me retient.
« Je savais que je devais être forte et surmonter sa mort parce qu’il était tellement triste de me voir si bouleversée par son décès. »
Les VSCD sont-ils de simples imaginations liées au deuil ?
C’est la première explication qui vient à l’esprit. Lorsque nous perdons un être cher et que nous croyons, ou du moins espérons, qu’il y a une vie après la mort, nous ressentons naturellement le désir, voire le besoin, de recevoir un signe de leur part, un dernier message, un ultime mot d’amour. Le chagrin est si profond, leur absence physique si douloureuse, que nous aspirons désespérément à ce dernier contact. Faut‑il pour autant considérer que les VSCD ne sont qu’une illusion, auto‑générée par des personnes profondément affectées par la perte d’un être cher ? Une compensation inconsciente liée au deuil ? La recherche raconte une tout autre histoire et remet en question l’argument principal avancé par les matérialistes, qui considèrent les VSCD comme de simples imaginations ou hallucinations provoqués par le chagrin du deuil.
Comme toute expérience, les VSCD sont subjectifs. Les expériences rapportées par nos participants à l’enquête ne sont pas nécessairement toutes authentiques. Certains cas peuvent en effet être expliqués, par exemple, comme une réponse psychologique à un besoin émotionnel profond lors de périodes de deuil, bien que seulement 36 % des participants aient été « extrêmement tristes et profondément en deuil » au moment où le VSCD s’est produit. De plus, tous les récepteurs ne sont pas en deuil lorsque le VSCD survient. Un peu plus d’un quart (27 %) des participants n’étaient plus en deuil, ou n’avaient jamais été en deuil du défunt perçu. Aussi, certains VSCD visuels peuvent en effet résulter d’une simple erreur de perception, causée, par exemple, par de mauvaises conditions d’éclairage. Cependant, certains types de VSCD résistent davantage à de telles explications et constituent donc des éléments plus probants en faveur de l’hypothèse de la survie.
Il convient de souligner que, malgré des progrès significatifs dans la recherche sur la conscience, le statut ontologique des VSCD n’a pas encore été établi, bien que la grande majorité des participants à notre enquête se déclarent convaincus de l’authenticité de leur expérience (seulement 1 % a répondu négativement à cette question). Il est cependant évident que la conviction personnelle ne constitue pas une preuve. Certains cas présentent toutefois un degré de crédibilité plus élevé.
Dans la section suivante, nous présentons différents types de VSCD et circonstances de leur survenue que nous estimons répondre à un critère de forte crédibilité, certains s’étant produits en dehors de situations de deuil.
Cas probants
VSCD partagés
Les VSCD partagés – ou cas à témoins multiples – sont perçus simultanément par deux personnes ou plus réunies au même endroit. Ils présentent un intérêt particulier lorsque les expériences rapportées présentent des caractéristiques communes et cohérentes. La recherche suggère que les expériences collectives, en particulier les épisodes détaillés et précis, sont rares : soit le récepteur est seul au moment du contact, soit d’autres personnes sont présentes mais ne perçoivent pas le défunt. Vingt et un pour cent de nos répondants ont vécu ce type d’expérience partagée, renforçant l’impression de réalité, même si les récepteurs n’ont pas besoin de la confirmation d’autrui pour être convaincus de la véracité de leur VSCD.
« Dans une bibliothèque, l’apparition très réelle de mon oncle, décédé il y a de nombreuses années. Il a également été aperçu par un jeune homme assis à côté de moi. »
Comportement animal inhabituel lors d’un VSCD
Parfois, le témoin additionnel est un animal (domestique), dont le comportement suggère une perception partagée. Les cas impliquant des animaux sont précieux, car ces derniers sont a priori moins susceptibles d’être influencés par des témoins humains. Dans notre enquête, 20 % des répondants étaient accompagnés d’un animal de compagnie au moment du VSCD, dont 25 % ont observé un comportement inhabituel de l’animal.
« J’ai senti les bras chaleureux de mon beau-père décédé ; il se trouvait à distance, dans un coin de la pièce. Ma belle-sœur a ressenti du froid et m’a soudain demandé ce qui n’allait pas. Le chat, endormi sur mes genoux, a alors sursauté, le dos arqué, le poil hérissé, les griffes enfoncées dans ma jambe, fixant le coin de la pièce où se trouvait Henry [le beau-père]. Il ne retourna plus jamais dans ce coin, même s’il n’était pas nourri pendant deux jours et que sa nourriture y était déposée ; ce coin le terrifiait. »
VSCD pour une tierce personne
Lors de ce type de VSCD, le récepteur — qui n’est pas en deuil du défunt perçu ou qui ne le connaît même pas — perçoit une communication destinée à une personne en deuil, généralement un membre de la famille ou un ami. Les messages à transmettre ont généralement pour but d’informer le bénéficiaire que le défunt est en vie et se porte bien. Ce type de VSCD présente une valeur probante, puisque son déclencheur ne peut pas être le deuil.
« Un homme, décédé dans un accident de camion, est venu me voir. Lorsqu’il était vivant, il ne croyait pas à ce type de manifestations, mais il avait besoin d’envoyer un message à sa femme… Cela a été très émouvant, surtout pour elle. Après lui avoir transmis le message, elle m’a dit qu’il lui avait offert le plus beau cadeau qu’il pouvait lui faire. »
VSCD au moment du décès
Lors d’un VSCD au moment du décès – rapporté par 21 % de nos participants à l’enquête – le récepteur est informé du décès d’un membre de la famille ou d’un ami par le défunt lui-même. Ces expériences précèdent l’annonce officielle du décès (par l’hôpital, la famille, etc.). Le temps des larmes viendra certainement, mais au moment du VSCD, le récepteur n’est pas encore en deuil. Le facteur psychologique lié au deuil ne peut donc pas être à l’origine de ce type de VSCD.
« Je me suis réveillée soudainement, sans raison, alors que je dormais profondément, et j’ai vu mon grand-père debout à côté de mon lit. Il semblait légèrement plus jeune, en meilleure santé et irradiait un amour pur. Il m’a souri et m’a dit : “Je m’en vais, ma petite colombe” (son petit nom pour moi). Je lui ai rendu son sourire et j’ai regardé mon réveil : il était 6 h du matin. Puis il avait disparu. Il ne m’est pas venu à l’esprit de demander à mon grand-père où il allait ni pourquoi il se trouvait dans ma chambre à 6 h du matin. Je me suis simplement rendormie paisiblement. Plus tard, j’ai été réveillée par le téléphone : ma grand-mère sanglotait au téléphone pour m’annoncer que papa était décédé. Son certificat de décès indiquait plus tard l’heure approximative du décès : 6 h. »
VSCD révélant des informations inconnues du récepteur
Les VSCD impliquant la perception d’informations jusque-là inconnues, qui peuvent ensuite être vérifiées et confirmées, présentent un caractère probant. Vingt-quatre pour cent des participants à notre enquête ont perçu des informations inconnues de divers types : par exemple, l’annonce imminente du décès d’un proche, la révélation d’une grossesse jusque-là inconnue, même de la mère, mais aussi des informations pratiques, telles que l’emplacement d’un livret de famille ou d’une assurance-vie souscrite à l’insu de toute autre personne.
« Une nuit, je me suis réveillée et j’ai vu mon père biologique. Il m’a saluée et m’a dit qu’il était venu pour m’annoncer qu’il s’en allait et qu’il m’avait laissé un petit héritage. Il a ajouté qu’il avait rencontré mes enfants et que j’avais une belle famille. Il m’a fait ses adieux avec affection, puis il est parti. Je n’avais jamais eu de contact avec lui et je ne l’avais jamais rencontré en personne. J’ai appris son existence à l’âge de neuf ans, lorsque j’ai découvert que le père avec qui j’avais grandi et dont je porte le nom n’était pas mon père biologique. Cependant, je n’ai jamais cherché à le rencontrer, et lui non plus. Nous ne nous sommes donc rencontrés personnellement qu’après sa mort. Deux jours après cette expérience, sa famille m’a contactée pour m’informer de son décès et de son souhait que je reçoive l’héritage qu’il m’avait laissé. Cela a confirmé que mon expérience était réelle et exacte. »
VSCD avec un défunt inconnu
Les contacts avec des personnes décédées inconnues (qui surviennent dans une minorité de cas) ont tendance à être inconfortables, déstabilisants, oppressants, voire effrayants. Contrairement aux contacts impliquant des défunts connus et souvent aimés, il n’existe aucun lien émotionnel entre le défunt et le récepteur pour ce type de VSCD. Il s’agit donc d’expériences d’une nature fondamentalement différente, et la question du sens de leur survenue se pose.
Ces VSCD suggèrent que ce sont les défunts qui ont besoin de contacter une personne vivante, pour quelque raison que ce soit, et semblent se manifester là où cela est possible, là où ils peuvent être perçus, même par des inconnus. Le récepteur n’étant évidemment pas en deuil de la personne perçue, la valeur probante de ces cas est élevée, puisque le deuil ne peut en être la cause.
« J’avais une vingtaine d’années et je vivais avec deux amis, qui sont frères. Je traversais une période difficile dans une relation et je venais tout juste d’emménager chez eux. Une nuit, je me suis réveillée et un homme aux cheveux clairs était assis au bord de mon lit. Il portait une chemise hawaïenne, avait l’air très gentil et s’est penché vers moi pour me tapoter l’épaule. Il m’a dit que tout irait bien, de ne pas m’inquiéter. Cela m’a surprise et effrayée. Je lui ai dit de ne pas me toucher et j’ai fermé les yeux. Quand je les ai rouverts, il avait disparu. Je n’étais pas préparée à cela : me réveiller et voir un inconnu assis sur mon lit, tendant la main vers moi, m’a vraiment effrayée ! Je suis partie le lendemain et suis retournée chez mes parents. Les frères m’ont appelée pour savoir pourquoi j’étais partie, et je leur ai raconté. J’avais décrit leur père décédé. Ce n’est donc pas une histoire si étrange, en soi. »
VSCD de protection
Ces contacts surviennent dans des situations de crise ou de danger imminent et ont pour fonction de prévenir des tragédies telles que des accidents, des incendies, des agressions, des noyades, etc. Ils ont la particularité de se produire parfois des années, voire des décennies, après le décès, lorsque le récepteur n’est plus en deuil ou ne l’a jamais été (par exemple, le récepteur était un jeune enfant lorsque son grand-père, perçu lors du VSCD, est décédé). Ces expériences fournissent des informations jusque-là inconnues – concernant un danger potentiel dont le récepteur n’était pas conscient – et appartiennent donc à la catégorie des VSCD probants. Le fait que le récepteur ne soit pas en deuil renforce le caractère probant de ces expériences.
« Plusieurs années après le décès de ma mère, j’ai rêvé d’elle une nuit. Elle était très présente, je pouvais sentir sa proximité. Elle avait l’air visiblement préoccupée et m’a dit qu’elle s’inquiétait pour moi car elle avait peur que j’aie un accident de moto (je conduis une moto ou une voiture). Je lui ai répondu : « Je fais attention » (je suis prudente, 40 ans sur deux roues, zéro accident). Mais elle a insisté, répétant qu’elle s’inquiétait malgré ma réponse. Le contact s’est arrêté là. Quelques jours plus tard, le matin, je devais me rendre à une réunion de travail, ce qui m’a fait emprunter un itinéraire inhabituel. Je suis allée au parking où ma moto et ma voiture sont garées, à cinq minutes de chez moi. En arrivant, je me suis rendue compte que j’avais fait une erreur (cela ne m’était jamais arrivé) : j’avais pris les clés de la voiture au lieu de celles de la moto. J’ai donc dû retourner chez moi puis revenir au parking, ce qui m’a fait perdre dix minutes. Ensuite, j’ai pris la route vers ma destination et, quelques kilomètres plus loin, à un carrefour connu pour être très accidentogène, il y avait un énorme carambolage occupant toute la largeur de la route. Et évidemment, cet accident venait de se produire, probablement dix minutes plus tôt, soit exactement les dix minutes que j’avais perdues à cause de mon erreur de clés. Ce matin-là, je n’ai pas senti la présence de ma mère, mais je suis sûre qu’elle a provoqué cette distraction inhabituelle qui m’a retardée et m’a probablement sauvé la vie. »
À quelle fréquence surviennent les VSCD ?
La perception des défunts semble constituer une capacité inhérente à la condition humaine. Des récits de VSCD spontanés ont été collectés sur tous les continents et semblent remonter aussi loin que le permettent les archives historiques. Les VSCD sont fréquents, avec une prévalence estimée entre 50 et 60 % des personnes ayant vécu un ou plusieurs VSCD au cours de leur vie. Compte tenu de la fréquence et de la nature de ces expériences, il est temps de ne plus les qualifier d’extraordinaires, inhabituelles, exceptionnelles ou paranormales, et de les reconnaître pour ce qu’elles sont : des expériences humaines courantes, normales, naturelles et saines. Il est important de normaliser ces contacts afin que les récepteurs puissent les partager librement avec d’autres, s’ils le souhaitent, sans crainte d’être stigmatisés. Tant que les VSCD restent un phénomène caché, vécu par beaucoup mais rarement évoqué dans les médias ou le discours public, il sera difficile de parler de son propre VSCD. Cela doit changer, car nous pouvons tous bénéficier de ces expériences positives, enrichissantes et transformatrices.
Impact des VSCD sur le système de croyances
Notre enquête révèle que les VSCD ont un impact significatif sur le système de croyances des récepteurs. Vivre un contact spontané avec un défunt a des conséquences sur la conception de la mort, et donc de la vie. Ces expériences entraînent souvent une réflexion, voire une remise en question des croyances détenues avant le VSCD. Elles peuvent conduire à un intérêt nouveau ou renouvelé pour les questions existentielles.
La littérature indique que le fait d’être croyant(e), agnostique ou athée n’influence ni la nature du VSCD ni la probabilité d’en vivre un. La religiosité n’augmente que de manière marginale après le VSCD, ce qui est logique, car ces expériences ne sont pas de nature religieuse (28 % de nos participants se déclaraient religieux avant le VSCD, contre 30 % après). En revanche, la spiritualité augmente de manière significative après le contact (69 % se déclaraient spirituels avant le VSCD, contre 90 % après).
Vivre un contact spontané avec un proche décédé constitue une expérience profondément réconfortante, enrichissante et transformatrice. Quel que soit le système de croyances préexistant, les récepteurs sont presque unanimement convaincus que le contact était réel et que leur membre de famille ou ami a effectivement survécu à la mort physique. En conséquence, 93 % des personnes interrogées croient en la vie après la mort, seulement 1 % n’y croyant pas (6 % étaient incertains).
L’impact des VSCD sur la peur ancestrale de la mort est frappant : 31 % de nos répondants déclarent que leur peur de la mort a diminué et 30 % qu’elle a disparu suite au VSCD, témoignant ainsi de la puissance de ces expériences.
« Avant, j’avais peur de la mort. Ce n’est plus le cas. Maintenant, je suis heureuse de savoir que je retrouverai un jour mon mari après mon décès. » »
Impact des VSCD sur le deuil
Lors du contact, les récepteurs acquièrent une compréhension essentielle : il ne s’agit pas d’un adieu définitif ni d’un dernier mot d’amour. Les VSCD leur permettent de prendre pleinement conscience que le lien avec leur proche n’a pas été rompu par la mort physique, mais qu’il perdure. Leur relation se poursuit, bien que sous une forme transformée, métamorphosée. Les VSCD constituent la matérialisation brève, rare et précieuse de ce lien vivant, que rien ne pourra jamais rompre.
Le défi essentiel du processus de deuil consiste à accepter l’absence physique permanente de l’être aimé. Les VSCD s’inscrivent pleinement dans ce processus, car ils ouvrent la perspective d’un lien relationnel continu et dynamique entre les vivants et les morts, au-delà du corps physique.
« Le processus de deuil consiste à faire évoluer la relation, à l’intérioriser et à la métamorphoser, tout en acceptant ce qui a été perdu et ce qui demeure. »
Ce lien ne semble pas seulement refléter la relation telle qu’elle était au moment du décès, mais paraît évoluer de manière dynamique après le décès. Les données recueillies suggèrent qu’une réconciliation au-delà de la mort est possible et qu’il n’est jamais trop tard pour comprendre, se réconcilier, pardonner et être pardonné, ainsi que pour exprimer l’amour.
[…] « Elle se retourna : c’était ma grand-mère du côté paternel. Elle me demanda pardon et s’excusa de ne plus m’avoir parlé après le décès de mon père. Je lui répondis que tout allait bien et que je lui pardonnais. »
On pourrait penser que la brève perception du défunt rendrait son absence physique encore plus douloureuse et accentuerait le sentiment de solitude lié au deuil. Cependant, ce n’était pas le ressenti de 80 % de nos répondants. Les données montrent qu’une large majorité de nos participants est convaincue de l’existence et de la permanence de ce lien intérieur avec leur proche décédé, et que cette conviction est si forte qu’elle n’a pas besoin d’être soutenue par une perception momentanée du défunt, telle que celles qui se produisent lors des VSCD, pour perdurer.
Les résultats de l’enquête montrent que les VSCD sont bénéfiques, voire de nature thérapeutique, car ils répondent aux besoins des personnes en deuil. Soixante-treize pour cent des participants déclarent que leur expérience leur a apporté une guérison émotionnelle. Les VSCD sont bien plus qu’une simple perception du défunt : c’est l’intensité des émotions positives ressenties et perçues lors du contact, ainsi que les informations obtenues, qui leur confèrent tout leur sens et leur caractère profondément transformateur. L’information essentielle, inhérente au fait même de vivre un VSCD, procure aux récepteurs la conviction subjective que leur proche a survécu à la mort physique, impliquant potentiellement une future réunion.
« Savoir que mon fils est venu à moi de manière calme et aimante pour me réconforter m’a permis de continuer à aider d’autres parents ayant perdu un enfant. Comprendre la perte la plus profonde imaginable et croire sincèrement que nous les reverrons un jour, et qu’ils sont simplement partis devant nous… »
Dans les cas douloureux de suicide, un VSCD peut radicalement changer la manière dont la famille et les amis comprennent cet acte.
« Comme il s’est suicidé dans un état de profond désespoir, j’aurais été très triste pour lui et je n’aurais pas su comment me consoler de ce terrible acte. Grâce à ma “vision”, j’ai su qu’il avait eu raison de partir et qu’il était maintenant heureux. Ainsi, je n’étais vraiment plus du tout triste. »
Il convient toutefois de souligner que ces expériences ne suppriment pas – totalement ni systématiquement – la tristesse liée à l’absence physique permanente de l’être aimé, et qu’elles ne remplacent pas le travail de deuil.
Les participants à notre enquête accordent une place importante au VSCD parmi les événements ayant marqué leur vie. La grande majorité considère leur VSCD comme une expérience réconfortante, transformatrice et intrinsèquement positive. Les résultats de l’étude indiquent que vivre un contact spontané avec un proche décédé est une expérience très valorisée par la majorité de nos participants : 71 % la « chérissent », 20 % se disent « très heureux·se », et aucun ne se déclare mécontent·e qu’elle ait eu lieu.


