Vécu Subjectif de Contact avec un Défunt (VSCD)

Que sont les VSCD ?

Voir aussi Section Projet de recherche sur les vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD)

Un vécu subjectif de contact avec un défunt (VSCD) se produit lorsqu’une personne perçoit de manière inattendue un individu décédé. Ces contacts peuvent se manifester par les sens de la vue, de l’ouïe, du toucher ou de l’odorat. Souvent, le récepteur — c’est-à-dire la personne qui expérimente le VSCD — perçoit simplement la présence du défunt ou de la défunte. Les VSCD peuvent survenir à l’état d’éveil, pendant le sommeil, lors de l’endormissement (dans un état de conscience hypnagogique) ou au réveil (dans un état de conscience hypnopompe).

Les VSCD sont :

Spontanés

Supposément initiés par les défunts, sans intention ni sollicitation de la part du récepteur ;

Directs

sans intervention de médiums, sans recours à l’EMDR, à l’hypnose, à l’écriture automatique, à des dispositifs (par ex. la Transcommunication Instrumentale, TCI), ni à toute autre forme de contact provoqué.

Les contacts établis à l’initiative des personnes en deuil par l’intermédiaire d’un médium ne sont pas considérés comme des VSCD, car ils ne sont ni spontanés ni directs.

Les VSCD sont toujours liés à un décès, qu’il soit récent ou plus ancien. Environ la moitié des expériences se produisent dans l’année suivant le décès, avec une forte concentration dans les 24 premières heures et jusqu’à sept jours après. Les contacts survenant après cette période sont plus rares et se produisent généralement entre deux et cinq ans après le décès. Toutefois, les VSCD peuvent survenir beaucoup plus tard — parfois plusieurs décennies après le décès — et apparaissent souvent dans des situations de crise. Ces « VSCD de protection » ont pour rôle d’avertir le récepteur de dangers imminents et potentiellement fatals dont il n’a pas conscience.

Pour ceux et celles qui espèrent un contact avec un proche décédé qui n’a pas encore eu lieu, ne soyez pas découragés : il peut encore se produire, parfois comme un cadeau inattendu lorsqu’on ne l’attend plus.

Comment se manifestent les VSCD ?

Les VSCD se manifestent sous différentes formes et dans une grande variété de circonstances. Ils peuvent être perçus par quatre des cinq sens : la vue, l’ouïe, le toucher ou l’odorat (le goût n’est pas impliqué). Les VSCD de « ressenti d’une présence » sont fréquents : le récepteur perçoit la présence familière du défunt, sans pouvoir le voir, l’entendre, le toucher ou le sentir.

Ces contacts vont bien au-delà d’une simple perception du défunt, ce qui constitue déjà en soi une expérience inattendue et marquante. Les récepteurs rapportent avoir également saisi l’intention des défunts — c’est-à-dire leur souhait de leur faire savoir qu’ils continuent d’exister et se portent bien, ainsi que leur désir de leur faire ressentir l’amour qu’ils leur portent et le réconfort qu’ils souhaitent leur apporter. La modalité de contact, c’est-à-dire le type de VSCD, n’a en soi qu’une importance relative, car elle ne constitue que le support de l’élément essentiel : l’information transmise.

Les VSCD se produisent lorsque le récepteur est éveillé, endormi, en train de s’endormir (dans un état hypnagogique) ou en train de se réveiller (dans un état hypnopompe). Les VSCD survenant pendant le sommeil sont très fréquents. Ces contacts sont clairs, cohérents, mémorables et perçus comme réels. Ils ne présentent pas la nature complexe, symbolique et fragmentée des rêves, qui sont d’ailleurs souvent rapidement oubliés au réveil. Bien que les récepteurs ne puissent pas toujours dire s’ils se sont réveillés ou non pendant l’expérience, ils précisent systématiquement : « C’était complètement différent d’un rêve ; c’était beaucoup plus réel. »

Très souvent, plusieurs organes sensoriels sont impliqués simultanément. Par exemple, un récepteur peut entendre un défunt lui communiquer qu’il est en vie et veille sur lui, tout en percevant l’odeur de l’après-rasage qu’il avait l’habitude de porter. La grande majorité des participants à nos enquêtes (80%) ont vécu plusieurs VSCD, avec la même ou différentes personnes décédées. Le contact est généralement bref — ne durant que quelques secondes, voire quelques minutes — mais son impact sur les récepteurs est profond et durable.

Les VSCD impliquant des phénomènes physiques inexpliqués sont très fréquents. Les récepteurs interprètent ces événements comme des signes de leurs proches décédés. Parmi les manifestations courantes, on trouve : des lumières qui s’allument, s’éteignent ou clignotent sans raison apparente ; des téléviseurs ou des appareils mécaniques qui s’activent spontanément ; ou des lecteurs de musique qui se mettent à diffuser des chansons ayant une signification particulière pour le récepteur. De nombreux témoignages décrivent des montres et horloges s’arrêtant exactement au moment du décès. Certains objets, comme des photos ou des images, peuvent être déplacés, retournés ou retrouvés par terre. Des sons inexpliqués et récurrents la nuit sont également souvent rapportés.

Les VSCD survenant au moment du décès sont particulièrement saisissants, car le récepteur est informé du décès d’un membre de sa famille ou d’un ami par le tout récemment décédé lui-même. À l’état d’éveil ou lors d’un réveil nocturne, le récepteur peut entendre ou voir le proche annoncer son décès avec sérénité (« Je suis venu te dire au revoir, je pars maintenant »). Le verbe « partir » est fréquemment utilisé, comme si le défunt s’apprêtait à entreprendre un voyage. Ces expériences, qui se produisent au moment précis du décès — un événement qui survient souvent à distance —, précèdent l’annonce officielle du décès (par l’hôpital, la famille, etc.). Dans certains cas, le décès n’était pas prévisible, la personne n’étant ni malade ni âgée, et survenait, par exemple, à la suite d’un accident.

Messages perçus pendant les VSCD

Aux yeux des récepteurs, le fait même de vivre un VSCD constitue déjà en soi un message : celui que les proches décédés semblent encore capables de se manifester, suggérant qu’ils continuent d’exister dans une autre dimension, au-delà de la compréhension humaine. Le contenu des messages laisse à penser que les défunts ont conservé leur identité, leur personnalité, leurs souvenirs, leurs émotions et les liens qui les unissent à leurs proches.

Une large majorité des personnes ayant vécu un VSCD rapporte avoir perçu des messages personnalisés provenant du défunt. Chaque message est évidemment unique, puisqu’il s’adresse à une personne particulière et s’inscrit dans une histoire et un passé partagés.

Toutefois, leur contenu peut être synthétisé, car il apparaît, dans son essence, relativement homogène. Le message le plus fréquent — et sans doute le plus important pour les proches — est l’information que le défunt a survécu à la mort de son corps, qu’il est toujours vivant et se porte bien. Les messages transmettent le plus souvent des expressions d’amour et de réconfort.

Les défunts rassurent leurs proches en leur témoignant leur présence et leur soutien durant la période difficile du deuil, et au-delà. Ils les encouragent à sortir de leur tristesse et évoquent parfois la perspective d’une future réunion. Lorsque la relation entre la personne et le défunt était conflictuelle, ces contacts prennent souvent la forme de demandes ou d’offres de pardon.

Les messages peuvent être classés en quatre catégories principales :

Rassurants

ils signalent que le défunt est vivant et en paix, et que les difficultés de la fin de sa vie sont désormais derrière lui : « Je suis vivant, je vais bien, ne t’inquiète pas pour moi. »

Résolutifs

ils permettent de clore des conflits restés en suspens au moment du décès, sous forme de demandes ou d’offres de pardon : « Je te demande pardon pour ce que je t’ai fait. Je me rends compte maintenant que j’avais tort et je regrette sincèrement mes actes. »

Réaffirmatifs

ils réaffirment le lien affectif, expriment l’amour et le maintien du lien : « Je t’aime, je veille sur toi et je serai toujours à tes côtés ; nous nous retrouverons un jour. »

Libérateurs

ils incitent les proches à surmonter la tristesse et à poursuivre leur vie avec sérénité, tout en partageant leur peine : « Ne sois pas si triste, poursuis ta vie avec confiance ; je ressens ta peine, elle me touche et me retient. »

Il convient de noter que ces messages ne fournissent aucune information sur la nouvelle forme d’existence supposée du défunt et ne révèlent rien de son “nouveau lieu de vie”, qui pourrait ne pas être un endroit, mais plutôt un état de conscience. Seul l’état d’esprit du proche décédé est brièvement évoqué, par exemple : « Je suis heureux(se) et en paix ».

Quelle est la fréquence des VSCD ?

Percevoir les défunts semble être une capacité inhérente à l’être humain. Des récits de contacts spontanés avec les défunts ont été rapportés sur tous les continents et semblent pouvoir nous ramener dans le passé aussi loin que les archives historiques le permettent. Il semblerait que le plus ancien de tous les VSCD documentés remonte à 1963 av. J.-C., dans l’Égypte ancienne (Bourke, 2024).

Les VSCD sont fréquents, avec une prévalence estimée à 50-60 % de la population ayant vécu un ou plusieurs VSCD au cours de leur vie. Étant donné la fréquence et la nature de ces expériences, il est temps de cesser de les qualifier d’extraordinaires, inhabituelles, exceptionnelles ou paranormales, et de les reconnaître pour ce qu’elles sont : des expériences humaines courantes, normales et saines. Il est important de normaliser ces contacts afin que les récepteurs puissent les partager librement avec autrui, s’ils le souhaitent, sans crainte d’être stigmatisés.

Tant que les VSCD resteront un phénomène caché — vécus par beaucoup mais rarement évoqués dans les médias ou le discours public — il sera difficile pour les individus de parler de leur vécu. Cette situation doit changer, car nous pouvons tous bénéficier de ces expériences positives, enrichissantes et transformatrices.

Qui vit un VSCD et à quel moment  ?

Nous pouvons tous vivre un VSCD à un moment ou à un autre de notre vie, à la suite de la perte d’un proche ou sans lien avec un décès. Ces contacts surviennent de manière totalement inattendue. On suppose souvent que les VSCD se produisent lorsque des personnes endeuillées, plongées dans le désespoir, implorent leurs proches de se manifester. Les résultats de la recherche ne confirment pas cette idée. Il est impossible de provoquer volontairement un VSCD spontané, et rien ne permet de le produire intentionnellement.

Les VSCD surviennent généralement lorsque les récepteurs sont occupés à leurs activités quotidiennes — au travail, en train de parler avec un ami, ou en aidant leurs enfants à faire leurs devoirs. Ils n’attendent rien, n’espèrent rien, et sont souvent émerveillés par la beauté et la puissance de l’expérience, qu’ils reçoivent comme un cadeau inattendu.

Ces expériences surviennent fréquemment peu de temps après un décès, comme pour aider les personnes récemment endeuillées à affronter le choc de leur perte. Elles offrent un réconfort immédiat et profond, permettant aux récepteurs de prendre conscience que, bien que le corps physique ait achevé son parcours, la conscience (ou l’essence, l’âme, etc.) de leur proche a survécu à la mort physique.

Le fait qu’une personne soit croyante, agnostique ou athée n’a aucune incidence sur la nature du VSCD, ni sur la probabilité d’en faire l’expérience. De même, une croyance préalable en la survie de la conscience après la mort physique n’est pas un prérequis pour vivre un VSCD.

Les enfants peuvent vivre des VSCD tout comme les adultes. Malheureusement, leurs récits ne sont souvent pas pris au sérieux par leur entourage, et ils se retrouvent seuls pour donner un sens à leur vécu.

Les récepteurs connaissent presque toujours le défunt perçu. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un membre de la famille, d’un partenaire ou d’un ami que le récepteur identifie instantanément et sans hésitation. Le défunt est généralement quelqu’un avec qui le récepteur partageait un lien affectif fort. Il arrive toutefois qu’une personne décédée inconnue soit également perçue.

À ce jour, la science ne peut pas (encore) expliquer le mécanisme de ces expériences, ni pourquoi certaines personnes les vivent alors que d’autres non.

Le défi de partager un VSCD

Il n’est pas toujours facile de partager un VSCD avec sa famille ou ses amis. Les raisons en sont nombreuses. La plus courante est la peur de ne pas être cru, voire d’être ridiculisé.

Sachant à quel point un contact spontané avec une personne décédée peut être émotionnellement puissant, voire bouleversant, une réaction sceptique de la part de l’interlocuteur peut être douloureuse pour les récepteurs, comme l’a exprimé l’une des participantes à notre enquête :

« J’ai raconté (le VSCD) à mes deux fils et à deux autres personnes de la famille, mais je n’ai pas eu le sentiment d’être vraiment entendue. Cela m’a donné un sentiment de frustration et de grande solitude. » (Femme, a perçu son père décédé).

Si l’interlocuteur a lui-même vécu un tel phénomène, le partage en devient évidemment beaucoup plus facile :

« J'en ai parlé à mon mari tout de suite après. Il m'a immédiatement crue, car il avait vécu une expérience similaire lorsqu'il était petit. Je lui en suis infiniment reconnaissante. Sinon, j'ai essayé d’en parler à d'autres personnes, mais cela n'a malheureusement rien donné. On ne m'a pas crue. » (Femme, a perçu son ex-partenaire décédé).

Bien trop souvent, les VSCD sont encore considérés comme des illusions — voire des hallucinations — auto-générées par des personnes profondément affectées par la perte d’un être cher. Autrement dit, ces expériences seraient des mécanismes compensatoires inconscients liés au deuil. Nos données réfutent toutefois cette hypothèse, puisque 27% des participants à notre enquête n’étaient plus en deuil ou n’avaient jamais été en deuil du défunt perçu lors du contact.

Parfois, l’expérience est offerte comme un cadeau à un proche, qui pourtant la refuse :

« J'ai raconté mon VSCD à ma mère, qui savait qu'elle était mourante, afin de la rassurer. Je ne pense pas qu'elle m'ait crue, ou écoutée, dommage… » (Femme, a perçu son petit ami décédé).

Certaines personnes préfèrent garder leur VSCD pour elles, car il est trop personnel et intime pour être partagé :

« C'était juste entre la défunte et moi - un moment très intime - je n'ai pas ressenti le besoin de le partager avec quelqu'un. Ce moment était simplement "notre" moment - nous en avons eu d'autres dans notre vie - c'est très précieux pour moi ! » (Femme, a perçu sa sœur décédée).

Avec 50 à 60% de la population ayant vécu un ou plusieurs VSCD au cours de leur vie, ces expériences ne sont clairement pas marginales et constituent un phénomène sociétal majeur. L’un des objectifs centraux de notre projet de recherche sur les VSCD est de favoriser la normalisation de ces expériences profondément bénéfiques, afin que les récepteurs puissent les partager sans crainte d’être ridiculisés ou de les voir réduites à de simples illusions liées au deuil.

L’impact des VSCD sur le système de croyances

Les VSCD sont souvent décrits comme des expériences transformatrices, capables d’atténuer le sentiment de perte, de renforcer l’espoir et de modifier la manière dont une personne conçoit la mort ainsi que sa relation avec le défunt.

Un VSCD représente un événement marquant dans la vie des récepteurs. Dans notre enquête, 71 % des participants ont déclaré « chérir » cette expérience, et 20 % ont indiqué être « très heureux·se » de l’avoir vécue. Ces résultats suggèrent que de telles expériences profondes peuvent influencer les systèmes de croyances des participants ainsi que leur conception de leur propre mort future, une conclusion corroborée par nos données. Le fait de se rendre compte qu’un être cher décédé peut se manifester et entrer en contact peut renforcer une croyance préexistante en la survie de la conscience ou en susciter l’émergence. L’espoir d’une future réunion sous-tend souvent ces expériences et peut jouer un rôle crucial dans le difficile processus du deuil. Les VSCD agissent fréquemment comme des catalyseurs, incitant les récepteurs à réévaluer leurs croyances antérieures, ce qui conduit parfois à une compréhension révisée de la vie et de la mort.

Les recherches montrent que l’orientation religieuse d’une personne — qu’elle soit croyante, agnostique ou athée — n’influence ni la nature d’un VSCD, ni la probabilité d’en faire l’expérience. Toutefois, les croyances évoluent après le contact. Quel que soit leur système de croyances initial, les récepteurs sont convaincus que le contact était réel et que leur membre de la famille ou ami a effectivement survécu à la mort physique. Par conséquent, seuls 1 % des participants à notre enquête ne croyaient pas en la vie après la mort à la suite d’un VSCD.

Ces contacts suscitent souvent un intérêt nouveau ou renforcé pour les questions spirituelles, incitant les récepteurs à se documenter sur le sujet ou à échanger avec d’autres personnes ayant vécu des expériences similaires. Avec le temps, ces informations contribuent à une meilleure compréhension et permettent d’attribuer un sens encore plus profond à leur VSCD. Ainsi, la spiritualité augmente de manière significative après le contact (69 % se déclaraient spirituels avant le VSCD, contre 90 % après). La religiosité, en revanche, ne progresse que très légèrement après le VSCD, ce qui n’a rien d’étonnant étant donné qu’il ne s’agit pas d’expériences religieuses (28 % des participants se considéraient religieux avant le VSCD, contre 30 % après).

La peur de la mort fait partie intégrante de la condition humaine et représente un lourd fardeau pour de nombreuses personnes. Les VSCD offrent une nouvelle compréhension de la nature de la mort et proposent une nouvelle perspective sur la survie de la conscience après la mort physique. En conséquence, 31 % des participants à notre enquête déclarent que leur peur de la mort a diminué, et pour 30 % d’entre eux, elle a même disparu.

Conséquences des VSCD pour le deuil

Les VSCD offrent souvent aux récepteurs du réconfort, de la joie et des ressources psychologiques qui leur permettent de poursuivre leur vie avec confiance après la perte d’un être cher. Ils rapportent régulièrement un sentiment durable d’être aimés et soutenus, le membre de la famille, le partenaire ou l’ami décédé semblant veiller sur eux et les accompagner depuis une autre dimension. L’amour semble avoir survécu à la mort. Tous ces éléments constituent une puissante source de consolation.

En effet, l’une des principales conclusions de notre enquête (lien nouvelle section Projet VSCD) est l’effet puissant des VSCD sur le processus de deuil. La majorité des répondants — 73 % — rapportent que leur expérience leur a apporté une guérison émotionnelle. Les VSCD sont beaucoup plus que de simples perceptions du défunt ; ils offrent aux récepteurs une compréhension essentielle : le contact ne signifie pas un adieu définitif ni une dernière expression d’amour. Les VSCD permettent aux récepteurs de prendre conscience que nos proches décédés continuent d’exister dans une dimension qui nous est inconnue, et que la communication avec eux reste possible.

L’information essentielle inhérente à la survenue même du VSCD, combinée au message perçu, crée chez le récepteur une conviction subjective forte que l’être cher a survécu à la mort corporelle et continue d’exister dans un état de bien-être. La signification profonde et le pouvoir transformateur des VSCD découlent à la fois des informations transmises par leur survenue et leurs messages, et des émotions positives intenses ressenties par les récepteurs.

Le deuil implique d’accepter l’absence physique permanente des êtres chers, une étape extrêmement importante — et peut-être la plus difficile — du processus de deuil. Il suppose également de réaliser pleinement que le lien avec nos proches décédés n’a pas été rompu par la mort physique ; au contraire, il perdure, bien qu’il prenne une forme transformée et métamorphosée. Les VSCD s’inscrivent parfaitement dans cette prise de conscience, car ils représentent une matérialisation rare et précieuse de ce lien continu. Ces expériences offrent un aperçu bref et exceptionnel d’une autre réalité, rendu possible par la matérialisation que les défunts semblent avoir réussi à accomplir pour se manifester dans des moments rares et précieux.

On pourrait se représenter l’image d’un voile : les défunts se trouvent de l’autre côté, très proches, comme si nous vivions tous sous le même toit et qu’ils s’étaient simplement avancés dans la pièce voisine. Les VSCD, comme d’autres phénomènes liés à la mort, soulèvent légèrement ce voile — mais de manière très rare et fugace.

Les conseils des défunts, encourageant les personnes en deuil à ne pas se laisser submerger par la tristesse et à poursuivre leur vie avec confiance, tout en anticipant une future réunion, jouent un rôle central dans le processus de deuil. À cet égard, les VSCD sont intrinsèquement thérapeutiques, puisqu’ils répondent aux besoins des personnes endeuillées.

Il est toutefois important de souligner que les VSCD ne dispensent pas les récepteurs du processus de deuil — un parcours long et douloureux, souvent chaotique et tumultueux, marqué par le déni, la colère, la dépression et la culpabilité, et qui conduit finalement à l’acceptation du départ physique définitif de l’être cher. Il convient également de préciser que ces expériences n’atténuent pas toujours — ni totalement — la tristesse liée à l’absence physique permanente de la personne aimée.

Une fois comprise et acceptée l’irrévocabilité du départ physique du défunt, il est temps de prendre pleinement conscience du lien intérieur durable qui nous unit aux êtres chers et de la relation transformée et métamorphosée qui perdurera, indestructible à jamais. Il est important de noter que ce lien ne se limite pas à refléter la relation telle qu’elle existait au moment du décès. Au contraire, il semble évoluer et parfois se renforcer après le départ de l’être aimé, comme si ce qui les avait séparés — l’ego, les difficultés, parfois les conflits — avait été balayé par la mort physique, permettant à leur relation de se rétablir dans l’essence de l’amour qui les unit. Les témoignages recueillis dans notre enquête suggèrent qu’une réconciliation au-delà de la mort est possible, et qu’il n’est jamais trop tard pour comprendre, réparer, pardonner et être pardonné, et exprimer son amour.

Les VSCD sont des expériences porteuses d’espoir et réconfortantes, empreintes d’affection et de compassion, qui atténuent le chagrin des personnes en deuil. Les récepteurs considèrent ces événements comme réels, ajustent en conséquence leurs systèmes de croyances et, au mieux, découvrent un nouveau sens à la vie et à la mort.