Mon cheminement
Avant de vous entraîner dans le cheminement à travers mes livres, je me rends compte aujourd’hui, avec quelques décennies de recul, que les différentes étapes de mon parcours d’auteure se sont enchaînées naturellement, sans effort apparent, comme si elles suivaient un fil invisible qui avait toujours été là — presque comme si je ne l’avais pas moi-même tracé.
Les expériences liées à la mort — expériences de mort imminente (EMI), vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD) et les expériences de fin de vie (EFV) — offrent matière à réflexion pour toute une vie, et même au-delà. Du moins, cela a été, et demeure, le cas pour moi.
Dans ce parcours, je me concentrerai exclusivement sur mes livres, sans aborder mes contributions à des ouvrages collectifs (lien) ni nos articles dans des revues scientifiques (lien).
1. D’une Vie à l’Autre

Tout a commencé lorsque j’ai découvert les Expériences de Mort Imminente (EMI).
Ma première rencontre avec les EMI remonte aux années 1980 et s’est révélée déterminante tant pour mes convictions personnelles que pour mes activités professionnelles. Comme des millions de lecteurs à travers le monde, j’ai découvert les EMI grâce à La Vie après la vie de Raymond Moody. Dès les premières pages, j’ai compris que ces témoignages semblaient répondre à une grande partie de mes questions existentielles — tout en en suscitant tout autant de nouvelles.
Les expériences de mort imminente sont des événements au cours desquels les individus rapportent percevoir une réalité dépassant la conscience ordinaire, offrant des impressions saisissantes de ce qui se passe au seuil de la mort et, peut-être, de ce qui pourrait se situer au-delà. Les récits des personnes qui vivent ces expériences — les expérienceurs — sont frappants, souvent surprenants, et pourtant remarquablement cohérents malgré leur diversité. Ces témoignages m’ont fait comprendre qu’il ne suffisait pas de les prendre au pied de la lettre pour en saisir la pleine portée. Les années qui ont suivi m’ont montré que plus l’on explore les EMI en profondeur, plus elles révèlent de nouvelles couches de complexité et de signification.
Dans les années 1980, il existait quelques recueils de témoignages et certaines études scientifiques sur les EMI, mais aucun ouvrage ne proposait une véritable perspective interdisciplinaire : que penserait un psychologue, un physicien quantique, un philosophe ou un biologiste de ces expériences ? Ne trouvant pas le livre que je cherchais, j’ai décidé de l’écrire moi-même.
Alors que je réfléchissais à la meilleure manière de procéder, j’ai envoyé un e-mail à Kenneth Ring, chercheur éminent dans le domaine des expériences de mort imminente à l’époque. Je n’imaginais pas qu’il me répondrait — mais il l’a fait, le jour même. Il m’a dit : « Si vous voulez m’interviewer, venez me voir dans le Connecticut. » C’était aussi simple que cela.

Ken et Evelyn
Kenneth Ring, professeur émérite de psychologie à l’Université du Connecticut, aux États-Unis, est l’un des pionniers les plus éminents de la recherche académique moderne sur les expériences de mort imminente.
Pour comprendre ce phénomène, il a longuement rencontré de nombreux expérienceurs — certains sont même restés chez lui pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Il plaisantait d’ailleurs en rebaptisant sa maison le « Death Hotel », un trait d’humour si typique de Ken.
Cette connaissance approfondie lui a permis de mener de nombreuses études scientifiques, explorant chaque facette des EMI. Il n’a pas seulement publié ses résultats dans des revues spécialisées, mais les a également diffusés largement au public, à travers conférences, interventions médiatiques et émissions de télévision.
Grâce à son travail infatigable, ainsi qu’à celui de ses collègues, les EMI ont gagné une reconnaissance importante, tant au sein de la communauté scientifique que du grand public. Alors que Raymond Moody avait introduit les EMI au grand public avec La Vie après la vie, Ken les a abordées de manière rigoureusement scientifique, contribuant à les faire connaître à la fois aux chercheurs et au grand public.
Ken est également cofondateur et ancien président de l’International Association for Near-Death Studies (IANDS) et éditeur fondateur du Journal of Near-Death Studies.
Ma rencontre avec Ken s’est révélée décisive à bien des égards. Il m’a généreusement accueillie dans sa maison près de l’Université du Connecticut, où il enseignait, et nous avons passé une journée entière baignée de soleil à enregistrer la plus longue interview de sa carrière académique — comme il l’a souvent rappelé en riant.
Ces heures nous ont permis d’explorer l’ampleur de ses recherches, de recueillir ses réflexions personnelles et d’éclairer ses convictions les plus profondes. L’interview a ensuite été publiée dans D’une vie à l’autre. Cette journée d’été a également marqué le début d’une profonde amitié, qui a perduré malgré le temps et la distance, ainsi que d’une collaboration enrichissante ayant finalement conduit à notre coécriture de Lessons from the Light (voir ci‑dessous).
Notre amitié se poursuit encore aujourd’hui. Ken a désormais plus de 90 ans, et bien que nous ne puissions plus nous voir en personne, les outils modernes de communication nous permettent de rester étroitement liés.
Lisez le blog de Ken sur notre amitié et notre collaboration : https://www.evelyn-elsaesser.com/storage/2024/09/Spontaneous-Contacts-with-the-Dead-KR-20231017.pdf
À propos du livre
D’une vie à l’autre est une exploration approfondie du phénomène des expériences de mort imminente (EMI), alliant témoignages directs d’expérienceurs et entretiens avec des scientifiques, philosophes, psychologues et chercheurs de diverses disciplines. Le livre débute par une analyse détaillée de ce que sont les EMI, illustrée par des témoignages d’expérienceurs, puis s’ouvre à des dialogues interdisciplinaires examinant la nature, l’interprétation et les implications des EMI sous les angles psychologique, scientifique et spirituel. À travers ces témoignages et ces échanges avec des experts, D’une vie à l’autre offre un examen équilibré, réfléchi et approfondi des EMI, englobant à la fois les expériences personnelles et les réflexions théoriques plus larges.
D’une vie à l’autre a été publié en six langues, dont le chinois.
2. « Le Pays d’Ange »

À ce stade de mon parcours littéraire, j’avais déjà rédigé, en dehors de D’une vie à l’autre, plusieurs articles scientifiques et participé à des ouvrages collectifs. Pourtant, leur audience restait largement confinée au cercle académique, et je sentais qu’il manquait quelque chose — un moyen d’aller au‑delà de ce cercle.
Comment parler des expériences de mort imminente, ou plus largement de la mort elle-même, et de cette tâche délicate, presque insaisissable, de se préparer au passage final qui nous attend tous ? Je me suis dit que l’écriture d’un roman — ou, plus modestement, d’une simple histoire — pourrait être une solution : un espace où les questions pourraient respirer, où l’imagination aurait la liberté d’explorer l’inconnu, et où les lecteurs et lectrices pourraient rencontrer ces mystères non pas comme des observateurs distants, mais comme des compagnons d’un même voyage.
Ce livre avait longtemps vécu dans mon cœur, jusqu’au jour où je lui ai donné vie sur le papier. Je l’ai écrit avec l’espoir de rendre les connaissances existantes sur les expériences liées à la mort à la fois accessibles et significatives — non seulement pour ceux confrontés à une crise de vie majeure, mais pour quiconque souhaite réfléchir à la mort et à ce qui pourrait suivre. Au cœur de l’ouvrage se trouve le récit détaillé d’une expérience de mort imminente (EMI).
À propos du livre
Le Pays d’Ange raconte l’histoire émouvante d’une jeune fille se battant contre la leucémie. Alors qu’elle prend conscience que sa vie pourrait toucher à sa fin, elle trouve réconfort et espoir grâce à ses conversations nocturnes avec sa poupée préférée, Ange. À travers ces dialogues empreints de douceur, elle apprend à adopter une nouvelle perspective sur la mort, s’ouvrant à la possibilité que la conscience puisse survivre au corps. Sa peur de la mort s’estompe peu à peu, portée par l’enseignement spirituel qu’elle reçoit, le récit d’une EMI partagé par un jeune compagnon, et une vision de sa grand-mère défunte — autant de moments qui éclairent un chemin allant de la peur à la compréhension, de l’incertitude à la paix.
Ce livre raconte une histoire délicate mais puissante sur la proximité de la vie et de la mort, sur la douleur et le réconfort, sur la peur et la confiance. Il ouvre un espace à une perspective spirituelle dans laquelle la maladie peut être comprise non seulement comme une perte, mais aussi comme un chemin vers la croissance intérieure. Une œuvre touchante pour les lecteurs de tous âges — qu’ils soient en bonne santé, confrontés à la maladie ou en deuil — et désireux d’une nouvelle compréhension de la survie de la conscience au‑delà de la mort physique. Rédigée avec sensibilité et clarté, la narration offre réconfort, espoir et un sentiment durable de sérénité face aux plus grands défis de la vie.
Extrait de la préface de Kenneth Ring
« En surface, Le Pays d’Ange raconte l’histoire d’une jeune fille, narrée à la première personne, qui est atteinte d’une maladie grave. Dès les premières lignes, nous, lecteurs, sommes plongés dans son esprit et saisis par le drame qu’elle traverse. Nous suivons le fil de ses pensées et de ses émotions à mesure que sa maladie progresse. C’est comme si nous devenions son journal intime : elle écrit, nous confie ses pensées les plus profondes et nous entraîne au cœur de son expérience. Elle nous fait pleinement entrer dans sa maladie et les péripéties qu’elle comporte, et nous partageons ainsi son parcours, nous sentant intimement liés à elle — et aux personnes qui l’entourent.
Peu à peu, son angoisse devient la nôtre — mais il en va de même pour les connaissances et la compréhension qu’elle acquiert au cours de sa lutte pour accepter ce qui lui est arrivé. Ces enseignements, ces prises de conscience qui lui viennent, nous apparaissent comme l’essence même du livre. C’est véritablement de cela qu’il s’agit et ce que le récit cherche à nous transmettre. […]
Au début de l’histoire, elle semble comme n’importe quelle jeune fille. Mais à mesure que sa maladie progresse, elle évolue elle aussi — dans ses connaissances, dans la profondeur de sa personnalité et, finalement, dans la remarquable sagesse spirituelle qu’elle acquiert en affrontant la possibilité de “la fin de tout”. En somme, cette jeune fille traverse un processus accéléré de maturation personnelle et spirituelle, si bien qu’à la fin du livre elle nous rappelle quelqu’un comme Anne Frank ; nous réalisons alors que nous avons eu le privilège de lire le journal d’une autre jeune fille que nous n’oublierons pas de sitôt. […]
Il s’agit essentiellement d’un livre d’enseignements de sagesse — plus précisément, d’un ouvrage qui transmet des enseignements sur la mort et sur la possibilité que quelque chose de profond transcende la mort et puisse, en retour, éclairer les vivants et les transformer. À l’instar des dialogues de Platon, Le Pays d’Ange constitue, au fond, une démarche philosophique stimulante pour l’esprit, abordant l’une des grandes questions éternelles de l’humanité, mais sous une perspective contemporaine entièrement nouvelle. »
Le Pays d’Ange a été publié en dix langues. Il est intéressant de noter que l’édition turque a rencontré le plus grand succès, avec quatorze éditions publiées à ce jour.
3. Lessons from the Light (non traduit en français)

À la suite de mon voyage dans le Connecticut pour enregistrer une interview approfondie, publiée ensuite dans D’une vie à l’autre, Ken Ring et moi sommes restés en contact étroit. Ce qui avait commencé comme une simple collaboration autour de cette longue conversation a progressivement évolué vers une relation professionnelle continue. Avec le temps, nos échanges sont devenus plus substantiels, donnant lieu à des collaborations sur divers projets fondés sur nos intérêts communs et le cadre intellectuel qui nous avait initialement réunis.
L’une des réalisations de cette collaboration a été Lessons from the Light, pour lequel Ken Ring a eu la gentillesse de me mentionner comme coauteur. Il me semble cependant important de préciser qu’il s’agit fondamentalement du livre de Ken — ses idées, ses recherches et son écriture. Ma contribution, bien que significative dans le cadre de notre collaboration, ne me semble pas atteindre le niveau d’une véritable coécriture. Ken, néanmoins, a très généreusement tenu à me reconnaître comme tel.
« Aucun autre chercheur n’a été capable de nous transmettre à tous le véritable sens et l’impact des phénomènes de mort imminente pour la planète. »
— Bruce Greyson, MD, auteur à succès de After
« Une contribution majeure, offrant une richesse d’études de cas accompagnée de commentaires équilibrés et éclairés. »
— Raymond A. Moody, PhD, auteur à succès de La Vie après la vie
À propos du livre
Tout en présentant de nombreux récits remarquables d’expériences de mort imminente (EMI), Lessons from the Light va bien au‑delà d’une simple collection inspirante de témoignages. Dans un langage clair, les leçons pratiques sur la manière de vivre et de mourir se dégagent de l’étude de ces expériences. Lessons from the Light s’adresse à ceux qui cherchent à acquérir connaissance et sagesse afin d’enrichir leur propre vie en intégrant les enseignements issus de ce que beaucoup considèrent comme l’expérience spirituelle ultime.
Bien que Lessons from the Light relate de nombreuses histoires émouvantes d’EMI, il ne se limite pas à un simple recueil de témoignages inspirants : le livre propose également des conseils pratiques et des exercices concrets permettant aux lecteurs de mettre ces enseignements en pratique pour mieux se connaître, développer compassion et bienveillance envers eux-mêmes et les autres, et se préparer de manière plus sereine à la mort, au processus de mourir et au deuil. Les lecteurs peuvent facilement appliquer ces connaissances à leur propre vie et assimiler pleinement ces leçons de la Lumière, favorisant ainsi une véritable transformation personnelle et spirituelle.
Lessons from the Light a été publié en neuf langues, dont le chinois.
4. Traduction française de Hello from Heaven par Bill et Judy Guggenheim

Je m’écarte de ma décision de ne présenter dans cette section que mes propres livres, car la traduction que j’ai réalisée de Hello from Heaven marque le point de départ de mes activités pour les décennies suivantes.
À propos du livre
Hello from Heaven est une étude pionnière sur les vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD), ou After-Death Communications (ADCs) en anglais — un contact spontané et direct avec des proches décédés. Au cours de sept années de recherche, Bill et Judy Guggenheim ont interrogé plus de 2 000 personnes aux États-Unis et au Canada et recueilli plus de 3 300 témoignages directs de ces expériences, dont 353 sont présentés dans le livre sous forme de récits personnels complets.
Le livre examine ces expériences comme autant de preuves d’une continuité de la vie et de l’amour au‑delà de la mort physique, offrant réconfort, espoir et éclairage spirituel aux lecteurs confrontés à la perte d’un proche ou à leurs propres peurs de la mort. Lors de sa publication en 1996, Hello from Heaven a contribué à établir les VSCD comme un domaine de recherche reconnu, a été présenté dans des émissions de télévision et de radio américaines, et a figuré sur les listes de best‑sellers aux États‑Unis, touchant un large public intéressé par l’expérience spirituelle, le soutien face au deuil et la possibilité d’une vie après la mort.
http://www.billguggenheim.com/
Comme cela s’est si souvent produit au fil de mon Cheminement à travers mes livres, la traduction de Hello from Heaven en français s’est révélée essentielle pour la poursuite de mes activités. Je connaissais Bill Guggenheim depuis des années par échanges de courriels, avant de le rencontrer enfin en personne lors d’une conférence de l’International Association for Near-Death Studies (IANDS) à Houston, aux États-Unis. Au cours de nos discussions, il m’a demandé si je serais disposée à traduire Hello from Heaven — déjà publié dans plusieurs langues — en français, et à trouver un éditeur en France.
Contre toute logique, j’ai dit oui sur-le-champ, comme si je n’avais aucune idée de ce que signifiait vraiment traduire un livre de 398 pages, sans aucun des outils de traduction dont nous disposons aujourd’hui. Je suis bien contente d’avoir accepté sa proposition.
La traduction m’a bien sûr demandé énormément de temps, mais elle m’a aussi ouvert un tout nouveau monde — celui des contacts spontanés avec les défunts. En traduisant les 353 récits de VSCD, en les relisant et en vérifiant mon travail encore et encore, j’ai fini par connaître presque chacun d’eux par cœur. Et c’est alors que j’ai compris que ce serait mon nouveau domaine de recherche. J’avais pris ma décision.
Une fois la traduction terminée, j’ai rédigé une introduction et trouvé rapidement un éditeur français (Editions Exergue) qui l’a publiée sous le titre Des Nouvelles de l’Au‑delà
5. Quand les défunts viennent à nous (not translated into English)

Traduire Hello from Heaven en français a éveillé mon intérêt pour les vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD) spontanés et directs, qui semblent être initiés par les défunts eux-mêmes. Quelle est la nature de ces expériences ? Qui les vit, et dans quelles circonstances se produisent-elles ? Que « disent » les défunts ? Qu’est-ce qui est communiqué, et dans quel but ? Plus largement, comment comprendre la signification et les caractéristiques phénoménologiques de ces expériences ? Comment réagissent les individus qui les vivent ? Sont-ils surpris, effrayés, réconfortés, stupéfaits ou intrigués par ce qui semble être un événement totalement inconcevable ? Enfin, quel impact ces expériences ont-elles sur les personnes concernées — en particulier sur leur processus de deuil et sur leur compréhension de la possible survie de la conscience après la mort physique ?
Toutes ces questions ont éveillé ma curiosité. J’ai alors décidé d’étudier ce phénomène plus en profondeur et d’écrire un livre sur ces expériences.
Ayant traduit les 353 témoignages américains et canadiens présentés dans Hello from Heaven, je possédais déjà une bonne compréhension de la phénoménologie des vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD). Pourtant, pour écrire mon propre livre, je souhaitais recueillir des témoignages de première main, provenant de personnes de ma partie du monde. À cette fin, j’ai publié en 2013 un article intitulé « VSCD : Hallucinations ou Réalité ? » dans Inexploré, le magazine de l’INREES, dans lequel je lançais un appel à témoignages. Un nombre impressionnant de récits m’a été envoyé, formant la base du livre que j’étais sur le point d’écrire.
À propos du livre
Quand les défunts viennent à nous : histoires vécues et entretiens avec des scientifiques explore un phénomène encore peu connu mais largement répandu : les vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD), au cours desquelles une personne peut, de manière inattendue, ressentir, voir, ou entendre un proche décédé. Solidement ancré dans des témoignages vécus, le livre examine ces expériences à travers des récits de première main, en les abordant sous un angle psychologique afin d’en comprendre la signification et l’impact, plutôt que de prouver ou de réfuter l’existence d’une vie après la mort.
Evelyn Elsaesser ne se limite pas à la collecte d’histoires personnelles : elle mène également des entretiens avec des experts de disciplines variées, apportant un éclairage scientifique et humain sur les VSCD. Elle examine aussi les aspects interculturels, mettant en évidence la manière dont ces expériences sont comprises, interprétées et intégrées différemment selon les sociétés. Cette approche multidimensionnelle permet une réflexion approfondie sur la nature et les conséquences de ces expériences, en particulier dans le cadre du processus de deuil. Elsaesser montre que les contacts spontanés avec les défunts peuvent être étudiés rigoureusement tout en respectant leurs dimensions émotionnelles et subjectives, plutôt que d’être écartés comme de simples hallucinations ou superstitions.
Preface by Stéphane Allix
Evelyn Elsaesser compte parmi les meilleurs experts au monde des expériences autour de la mort, et plus spécifiquement de celles qui sont abondamment décrites dans cet ouvrage.
Alors que je débutais mon travail d’investigation sur ces sujets extraordinaires à l’été 2003, l’éminent psychologue américain Kenneth Ring avec qui je venais d’entrer en contact m’avait recommandé de joindre Evelyn Elsaesser en Suisse. En effet, tous les deux venaient de publier un ouvrage consacré aux expériences de mort imminentes et Kenneth Ring ne tarissait pas d’éloge sur Evelyn. Je l’appelais et je fus instantanément séduit par cette chercheuse dans l’âme qui savait allier une grande prévenance, une formidable écoute à une rigueur minutieuse.
Immédiatement s’établit entre Evelyn et moi une relation de respect et d’amitié. Aussi, lorsque quelques années plus tard je fondais l’INREES, Evelyn devint naturellement un de ses piliers et l’un des membres actifs de notre comité scientifique. Elle prit notamment une part essentielle dans les recherches que nous entreprîmes pour centraliser les connaissances cliniques disponibles sur les expériences de mort imminente ainsi que tous les types de récits de contacts entre vivants et « personnes défuntes ». Evelyn se consacra ensuite avec une énergie rare à la rédaction de trois chapitres centraux du Manuel Clinique des expériences extraordinaires, dont celui traitant des vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD), dénomination qui fut forgée par nous à cette occasion.
Ces expériences de contacts supposés avec des défunts ne sont pas anecdotiques. Elles se produisent par dizaine de milliers autour de nous. Les personnes en deuil qui perçoivent sous des formes diverses un contact ou même une communication de leur proche disparu en sont bouleversées et réconfortées, mais également déstabilisées car cette expérience ne cadre pas avec la conception prédominante de la réalité. Quand les défunts viennent à nous offre des clés pour mieux comprendre ces expériences et pour les intégrer dans le processus de deuil – grâce aux nombreux témoignages de VSCD, aux avis éclairés des scientifiques interrogés et aux réflexions de l’auteure.
Evelyn consacre un chapitre à un type particulier de VSCD – aux visions au moment du décès lors desquelles des personnes au seuil de la mort perçoivent des proches décédés qui sont venus « pour les accompagner dans l’autre monde », les libérant instantanément de la peur de la mort. Ces visions sont rapportées à des infirmières, des médecins, des professionnels de santé qui les distinguent très nettement des phénomènes hallucinatoires connus.
L’originalité et le grand mérite de cet ouvrage consiste à mettre les VSCD dans un contexte plus large, celui d’autres expériences autour de la mort – y compris les expériences de mort imminente et les communications des défunts rapportées par des médiums – et d’en comparer le mode d’expression et le message.
D’innombrables personnes ont vécu ce type d’expériences et n’osent pourtant pas en parler, même à leur entourage. C’est sans aucun doute le premier bénéfice de cet ouvrage indispensable : sortir ces expériences répandues et importantes de l’ombre et du déni. C’est la richesse incroyable du travail de synthèse d’Evelyn Elsaesser.
Quand les défunts viennent à nous est le fruit d’un travail de longue haleine, sans doute le plus documenté existant à ce jour. Ce livre à la fois rigoureux et très agréable à lire permet de constater que la vie après la mort est une hypothèse rationnelle.
Quand les défunts viennent à nous a été publié en quatre langues.
6. Contacts spontanés avec un défunt

Quand les défunts viennent à nous a rapidement trouvé son lectorat. Grâce à l’appel à témoignages que j’avais inclus dans le livre, les récits ont afflué.
Les messages de mes correspondants commençaient souvent de la même manière :
« Je viens de terminer votre livre et j’aimerais partager mon VSCD, qui s’est produit il y a quelque temps [de quelques mois à plusieurs décennies]. Je n’en ai jamais parlé à personne, par peur de ne pas être cru, voire d’être ridiculisé. »
D’autres n’avaient confié leur VSCD qu’à quelques proches : certains ont été entendus et crus, tandis que d’autres se sont vus répondre qu’ils avaient probablement été profondément bouleversés par le deuil et avaient imaginé le contact avec leur défunt.
Beaucoup n’en avaient jamais reparlé. « J’ai gardé cette expérience précieusement dans mon cœur, comme un souvenir intime et chéri », écrivaient-ils. Pour beaucoup, m’écrire représentait souvent la toute première fois qu’ils osaient mettre des mots sur quelque chose d’aussi profond et significatif : une rencontre qui les avait aidés à guérir, même s’ils l’avaient portée seuls pendant des années.
Un autre constat frappant, et étonnamment fréquent, était que beaucoup de mes correspondants ne savaient pas comment nommer leur expérience. Pendant longtemps, ils avaient cru être les seuls au monde à avoir vécu un contact spontané avec un proche décédé. Ils ressentaient un profond soulagement en découvrant que ce phénomène avait non seulement un nom, mais qu’il avait aussi été vécu par de très nombreuses autres personnes — ce qui leur apportait l’assurance de ne pas être seuls dans ce qui leur avait semblé être une rencontre intensément privée et extraordinaire.
Après avoir lu toutes ces correspondances, j’ai décidé que le moment était venu d’entreprendre une investigation scientifique à grande échelle sur la phénoménologie et l’impact des VSCD, dans le but de donner visibilité et crédibilité à cette expérience — si belle, si fréquente, si réconfortante et transformative pour ceux qui la vivent. J’ai soumis un projet à une fondation qui préfère rester anonyme. Elle m’a accordé sa confiance et a attribué une subvention généreuse pour soutenir la réalisation de ce projet de recherche. J’ai constitué une équipe, et nous avons lancé notre projet de recherche international à long terme en février 2018, projet qui se poursuit encore aujourd’hui. Pour plus d’informations, voir la section « Projet de recherche VSCD » (lien).
Dès la deuxième phase du projet, nous avons également bénéficié du soutien financier de la Fondation Bial et de la Society for Psychical Research (SPR).

À propos du livre
J’ai publié les résultats de nos enquêtes en anglais, français et espagnol, regroupant les réponses de 1 004 participants dans le cadre de la plus vaste étude scientifique internationale jamais réalisée sur les vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD). Ces résultats, abondamment illustrés par des témoignages de première main, offrent un éclairage vivant et nuancé sur les circonstances, la nature et les conséquences de ces expériences spontanées — vécues par un grand nombre de personnes, notamment par des endeuillés, et souvent décrites comme à la fois réconfortantes et significatives.
Les conclusions de cette recherche sont présentées dans mon livre Contacts spontanés avec un défunt : Une enquête scientifique atteste la réalité des VSCD, qui démontre non seulement comment ces expériences se manifestent dans la vie des personnes, mais aussi l’effet bénéfique qu’elles ont dans le processus de deuil, permettant aux récepteurs de percevoir le désir apparent des défunts de continuer à témoigner leur amour et leur soutien.
Le livre a été récompensé par le

Prix du livre 2023 du Scientific and Medical Network.
Extrait de la préface de Christophe Fauré
Au début, je n’y croyais pas.
Durant mes jeunes années de psychiatre dans le domaine des soins palliatifs, j’accompagnais des personnes en deuil après la perte d’un proche. Elles partageaient avec moi leur souffrance, leur peine, leur colère, leur culpabilité… C’est ainsi que je cheminais avec elles sur le douloureux chemin du deuil. Je n’y voyais alors que le déroulement d’un processus dont je ne percevais initialement que la seule dimension psychologique.
Mais, au fil des années, de curieuses expériences ont commencé à transparaitre dans le récit de mes patients. Avec une telle constance et une telle récurrence qu’il me devenait impossible de ne pas sérieusement les prendre en compte.
On me parlait de « signes ». Des signes interprétés par ces personnes comme une manifestation de leur proche disparu, mais sur lesquels elles gardaient le silence, parfois pendant des années, tant elles craignaient d’être prises pour « folles » si elles les révélaient à leur entourage ! D’ailleurs, nombreuses étaient celles qui, un peu gênées de parler ainsi à un psychiatre, me disaient « Docteur, je suis quelqu’un de très rationnel, mais…. » et là, émergeait le récit de ce « quelque chose » de troublant, survenu après le décès de leur proche. « Quelque chose » que j’ai appris plus tard à nommer « VSCD »
VSCD : Vécu Subjectif de Contact avec un Défunt.
Après plus de 25 ans d’accompagnement des personnes en deuil, je pose aujourd’hui toujours cette question, d’une manière plus ou moins directe : « Avez-vous l’impression, depuis le décès de votre proche, d’avoir des « signes » ou des perceptions particulières ? ». Je ne compte plus le nombre de personnes qui, soulagées par ma question, s’empressent aussitôt de me raconter un ou plusieurs VSCD !
Il y a donc là un réel sujet qui mérite toute notre attention, tant ses implications sont considérables et je suis heureux que mes propres années d’observation et d’écoute, au sein de mon cabinet, trouvent un puissant écho dans le contenu de cet ouvrage.
Il faut en prendre conscience : publier un tel livre n’est pas anodin et je tiens à saluer l’intégrité et l’authentique courage de ces auteurs, chercheurs, professeurs d’université de niveau international qui osent mettre en jeu leur crédibilité professionnelle pour s’aventurer, en véritable pionniers, sur le mystérieux territoire des VSCD.
Ne nous y trompons pas : nous ne sommes pas, ici, dans le domaine de la croyance ; des croyances auxquelles on se raccrocherait, dans un mouvement désespéré, pour juguler la peur de la mort et l’angoisse du néant. Non : l’approche de ces chercheurs est tout autre. Elle se fonde sur l’écoute, l’observation, le recueil et l’analyse de données. Elle s’appuie sur une méthodologie scientifique qui observe et constate les faits. Ainsi, même si le sujet des VSCD semble en être à l’opposé, on ne peut pas être plus cartésien dans cette manière de les aborder ! Ses auteurs s’appuient sur des informations tangibles et c’est ce qui fait toute la pertinence et l’intelligence de leurs travaux. […]
C’est toute l’intelligence et la finesse de ce livre de ne pas répondre directement à cette question. En effet, « Contacts spontanés avec un défunt » décrit le phénomène des VSCD, sur la base de témoignages. En revanche, il ne se risque pas à l’interprétation des données recueillies. Il laisse le lecteur à ses propres conclusions, en lui offrant simplement des pistes de réflexion : quel sens donner à ces expériences ? Que nous disent-elles de l’au-delà de cette vie ? Suggéreraient-elles une continuité de la conscience après la mort ? On entre là dans la dimension spirituelle des VSCD, ce qui n’est pas l’objet de cet ouvrage. […]
Quelle direction ? C’est à vous qu’il appartient de la définir. C’est à vous de forger votre propre opinion sur la base de vos recherches et des lectures fiables sur ces différents sujets auxquelles vous vous donnerez accès.
Et c’est en cela que « Contacts spontanés avec un défunt » peut véritablement vous aider.
Qu’il vienne conforter votre ressenti si vous avez vous-même vécu un VSCD, que vous n’ayez pas vécu de VSCD, alors même que vous êtes en deuil, ou qu’il stimule votre curiosité afin de vous inviter à pousser plus loin vos investigations et à explorer le sens et les implications de ce phénomène, vous avez entre les mains un précieux compagnon. Il est à même de nourrir en profondeur votre réflexion.
Qui sait alors là où cela vous mènera ?
Je vous souhaite une bonne et fructueuse lecture
Dr Christophe Fauré
Auteur de « Vivre le deuil au jour le jour » Editions Albin Michel
« Contacts spontanés avec un défunt » a été publié en cinq langues.
8. Conférences
Depuis 30 ans, je donne des conférences en Suisse et à l’étranger sur les expériences autour de la mort, soit les expériences de mort imminente (NDE), les visions au moment du décès et les vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD). Je présente mes conférences en français, anglais, allemand et espagnol.
Conférence à Hong Kong

